Le blog du cerveau

19 janvier 2018

Les ordinateurs ne comprennent pas

Voici quelques semaines, je me suis rendu à l’Imperial War Museum de Londres pour assister à une démonstration : un programme d'intelligence artificielle devait tenter de décrypter "Enigma", le système de cryptage follement complexe utilisé par les Allemands durant la Seconde guerre mondiale. Il l’a fait, en 12 minutes et 50 secondes. Le programme, qui s’était entraîné en ingérant des textes tirés des Contes de fées de Grimm, a dévoré les milliards de permutations générées par la machine Enigma à quatre rotors en filtrant les combinaisons de lettres en fonction de leur “germanitude”. Le challenge qui avait absorbé les plus brillants cerveaux mathématiques de Grande-Bretagne pendant de long mois à Bletchley Park, à des coûts exorbitants, a été résolu par un programme d’intelligence artificielle pour seulement 10 livres. Ce programme d'intelligence artificielle, créé par la société d’analyses de données Enigma Pattern et propulsé par 2 000 serveurs virtuels, a examiné un chiffre stupéfiant de 41 millions de combinaisons possibles par seconde. “Ce programme, propulsé par 2 000 serveurs virtuels, a examiné un chiffre stupéfiant de 41 millions de combinaisons possibles

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13 décembre 2017

Mon parfum est unique

Et pour cause : c'est moi qui l'ai conçu. Je ne suis pas parfumeur, mais il y a quelques jours, je me suis improvisé tel, en créant mon propre parfum au cours d'un atelier de parfum à Grasse. Cette activité pour le moins curieuse m'avait été offerte par ma chère et tendre, et je ne savais pas trop à quoi m'attendre avant de m'y rendre. Mais une fois sur place, je me suis amusé comme un fou ! Au début, on a un peu l'impression d'être dans un petit labo scientifique, mais qui aurait une note de féminité en sus. Chaque apprenti-parfumeur est assigné à un orgue à trois niveaux où trônent plus de 120 flacons d'essences diverses : ça en fait, des possibilités de mélange ! A côté de ça, trônent sur la table deux béchers, des mouillettes, des seringues et du papier pour rédiger la formule : les instruments de travail. Après une première partie consacrée à la théorie, on concocte le parfum dans l’ordre de la pyramide olfactive, qui est constituée de trois notes. En premier : la note de fond, la plus puissante, et qui est la base du parfum : elle est conçue avec des essences tenaces (bois, résine, musc... ) et elle peut rester jusqu'à plusieurs jours. En second : la note de cœur, qui définit l'identité de la fragrance : elle dure de 2 à 10 h. Et pour finir : la note de tête, celle que l’on sent en premier dans le parfum, mais qui dure le moins longtemps (elle disparaît 2 heures après l'application). Même si on est libre de choisir la direction dans laquelle on veut aller avec sa réalisation, on est appuyé tout du long par le maître-parfumeur, qui nous indique les mariages ratés. Car ce n'est pas parce qu'on mélange deux senteurs qu'on aime bien qu'on obtient une association réussie ! En fait, il est important de ne pas trop intellectualiser. Il faut faire confiance à son instinct, à son nez. Il faut mettre son intellect sur off, sous peine de rapidement se retrouver égaré. Cet atelier de parfum m'a vraiment intéressé, parce qu'il permet de renouer avec un sens qu'on a trop souvent tendance à dédaigner. Et le fait d'obtenir un parfum unique est plus que sympathique ! Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du blog sur cette session pour créer son parfum à Grasse qui est très bien fait sur le sujet.

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11 décembre 2017

L'avenir de l'Union bancaire

Après le retrait britannique de l'UE, l'Union bancaire sera plus que jamais le pivot du marché intérieur européen, ce qui plaide pour une simplification institutionnelle de l'architecture bancaire européenne autour de son noyau dur. L'Union bancaire a réussi son lancement opérationnel, trois ans après la mise en place de la supervision unique. La construction par étapes – constitution d'une autorité bancaire européenne en 2010 pour le marché intérieur, intégration de la supervision unique en 2013 avec une nouvelle autorité, le MSU, adossée à la BCE, constitution d'une autorité unique de résolution en 2014 – conduit toutefois à une répartition des responsabilités porteuse d'un risque de fragmentation, qui peut nuire à la cohérence d'ensemble de l'action de supervision au sens large des activités bancaires, aux côtés des responsabilités propres de la Commission européenne (notamment la préparation de la législation et le contrôle des aides d'État). La consolidation du cadre institutionnel de l'Union bancaire constituera donc une priorité des prochaines années, l'ancrage opérationnel des nouvelles autorités étant maintenant achevé. Le contexte est favorable à cette simplification institutionnelle. À la suite du retrait effectif du Royaume-Uni, l'Union bancaire représentera plus de 90 % des actifs bancaires de l'Union européenne (à 27 États membres), constituant le noyau dur du marché intérieur. L'Union bancaire est aujourd'hui limitée à la zone euro mais les autres États membres du marché intérieur peuvent y participer, dans le cadre d'une procédure complexe de coopération étroite. Il pourrait être envisagé de simplifier les modalités d'accès des autres États membres à l'Union bancaire pour renforcer l'intégration du marché intérieur. L'Union bancaire retrouverait alors sa vocation initiale, cohérente avec les objectifs énoncés dans le rapport Larosière, de favoriser le bon fonctionnement du marché unique des services financiers, avec son pendant l'Union des marché des capitaux. Cette vocation qui a pu, parfois, être reléguée au profit d'un autre objectif, propre à la zone euro, de rupture de la boucle souverainbancaire et de renforcement de la résilience de la zone aux chocs asymétriques, mérite d'être réaffirmée dans le contexte particulier créé par le Brexit. L'Union économique et monétaire repose aujourd'hui sur deux cercles : un noyau dur constitué de la zone euro, avec une politique monétaire unique, et le cercle élargi avec le système européen de banques centrales, réunissant les banques centrales de tous les États membres autour de la BCE. La simplification de l'architecture bancaire européenne pourrait s'inspirer de cette organisation. La bonne articulation de la supervision unique avec l'Autorité bancaire européenne et la cohérence entre la supervision et la résolution uniques soulèvent également des enjeux de lisibilité et d'efficacité de l'organisation d'ensemble de la supervision au sens large des activités bancaires et constitueront donc des priorités pour le Conseil de l'Union européenne au cours des prochaines années.

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21 novembre 2017

Sources et composantes des eaux usées

On cite souvent des statistiques selon lesquelles les eaux usées sont théoriquement composées de 99 % d’eau et de 1 % de matières en suspension, colloïdales et dissoutes. Bien que la composition exacte des eaux usées varie naturellement entre différentes sources et au fil du temps, l’eau demeure de loin son constituant principal. Différentes sources d’eaux usées peuvent présenter d’autres types de composants à des concentrations variables. Les eaux usées domestiques et municipales sont susceptibles de contenir des charges bactériennes élevées, bien que la plupart des bactéries présentes dans les matières fécales humaines ne soient pas pathogènes en soi. Toutefois, lorsqu’une infection se produit, un grand nombre de microorganismes pathogènes (tels que les bactéries, les virus, les protozoaires et les helminthes) sont répandus dans l’environnement par les matières fécales. Pour réduire le fardeau des maladies, l’élimination des agents pathogènes est souvent le principal objectif des systèmes de traitement des eaux usées. Les eaux usées issues d’activités industrielles et minières ainsi que de la gestion des déchets solides (par exemple le lessivat des sites de décharge), peuvent également contenir des composés organiques toxiques tels que les hydrocarbures, les biphényles polychlorés (BPC), les polluants organiques persistants (POP), les composés organiques volatils (COV) et les solvants chlorés. De très petites quantités de certains composés organiques peuvent contaminer d’importantes quantités d’eau. Un litre d’essence, par exemple, est suffisant pour contaminer un million de litres d’eau souterraine (Gouvernement du Canada, s.d.). Les « polluants émergents » peuvent être définis comme « tout produit chimique naturel ou synthétique ou tout microorganisme qui n’est pas couramment surveillé dans l’environnement, mais a le potentiel de pénétrer dans l’environnement et d’entraîner des effets écologiques et (ou) des effets sur la santé humaine ». Les principales catégories de polluants émergents présentes dans les eaux usées sont les produits pharmaceutiques (par exemple les antibiotiques, les antalgiques, les anti-inflammatoires, les médicaments utilisés en psychiatrie, etc.), les stéroïdes et hormones (par exemple les médicaments contraceptifs), les produits de soins personnels (par exemple les parfums, les agents de protection solaire, les insectifuges, les microbilles et les antiseptiques), les pesticides et herbicides, les surfactants et leurs métabolites, les retardateurs de flamme, les additifs industriels et produits chimiques, les microbilles et plastifiants et les additifs de l’essence. Les polluants émergents sont rarement contrôlés ou surveillés et des recherches plus poussées sont nécessaires pour évaluer leur impact sur la santé humaine et l’environnement. Il est possible de réduire ou d’atténuer l’utilisation et le rejet de certains types de polluants émergents au moyen de la règlementation gouvernementale et de l’engagement du secteur privé.

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07 novembre 2017

Glace et neige

Certains dépriment quand la température baisse. Moi, ça me fait l'effet inverse. Parce que pour moi, c'est une excellente nouvelle : c'est le signe que je vais d'ici peu pouvoir goûter aux joies de la glisse. C'est que je suis un mordu de sports d'hiver, et ce d'aussi loin que remontent mes souvenirs. Il y a une activité en particulier que je voudrais refaire, cette année : la motoneige. Un peu sur un coup de tête, j'ai pratiqué une excursion aux Deux Alpes l'hiver dernier, et on peut dire que l'expérience m'a enchanté. Et je ne suis pas le seul. Ma moitié a aussi adoré. Pour que vous compreniez à quel point c'est étonnant, il faut peut-être que je vous la décrive un peu. Elle n'est absolument pas de celles qui se pâment en voyant arriver l'hiver, car c'est une saison qu'elle a en horreur : elle est photosensible, et peut vite devenir maussade dès que elle va au boulot sans avoir vu le soleil ; qui plus est, elle a peur sur des skis, n'aime pas le froid, et s'enrhume dès qu'elle pointe le bout de son nez dehors. S'il y a bien une personne qui n'a pas été inventée pour l'hiver, c'est bien elle. Toutefois, et je dois dire que j'ai été surpris, elle a adoré notre excursion en motoneige. J'ai dû jouer au plus fin pour la décider, mais j'ai bien fait : elle n'avait pas fait dix mètres sur sa bécane qu'elle était conquise. A vrai dire, elle semble avoir encore plus apprécié que moi ! C'est d'autant plus bizarre que la plupart du temps, elle fait tout pour éviter de conduire. Toute l'année durant, c'est moi qui assure les conduites en voiture. Mais piloter une motoneige n'est pas comme conduire une voiture : comme les chemins sont déserts et le cadre magnifique, ça offre la possibilité de conduire tout en étant parfaitement décontracté. Ce qui est rare quand on conduit en ville aux heures de pointe ! Je vous recommande de tester, si vous le pouvez un jour. D'ailleurs, je vous mets en lien le site où j'ai déniché notre randonnée en motoneige, si je vous ai fait envie. A lire sur le site de cette expérience de randonnée en motoneige aux Deux Alpes.

 

motoneige9

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03 novembre 2017

Temps de cerveau disponible

Tout le monde se souvient sans doute de cette expression de Patrick Le Lay : "temps de cerveau disponible". Cette formule avait pas mal fait réagir, à l'époque, tant il contenait de cynisme et de mépris à l'égard des téléspectateurs. Mais justement, que faisons-nous aujourd'hui de notre temps de cerveau disponible ? Chaque fois que je prends les transports en commun, je suis frappé par tous ces regards baissés, hypnotisés par l'écran de leur smartphone. Un type pourrait se promener à poil ou armé jusqu'aux dents que personne ne s'en apercevrait, chacun étant trop occupé à regarder le dernier épisode de Game of thrones sur son petit écran, ou à faire défiler ce mur sans fin qu'est Facebook. Quand je vois la façon dont les écrans nous accaparent, j'en viens à me poser cette question : avons-nous même seulement encore du temps de cerveau disponible ? Avons-nous encore le temps de penser ? De prendre du recul, d'être critique et raisonné ? C'est-à-dire, d'être critique mais sans être systématiquement dans la réaction à chaud et de masse, quitte à réagir sans comprendre les tenants et aboutissants d'un événement ? 

Evidemment, le seul fait de poser la question suggère l'existence d'un problème. La réponse est donc incluse dans la question : non. Les écrans, par leur omniprésence et leur capacité à nous divertir sans cesse, font qu'aujourd'hui, nous n'avons plus une seconde de temps disponible. Et c'est peut-être ce qui explique pourquoi nous allons bientôt fêter l'anniversaire de l'élection de Trump le 8 novembre dernier.

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