Le blog du cerveau

01 août 2018

Génie antique et génie moderne : le temple d'Abou Simbel

Il y a deux semaines, j'ai fait un voyage de groupe en Egpyte. Je m'y étais déjà rendu il y a quelques années, et avais pu admirer la pyramide de Gizeh et la vallée des Rois lors d'une croisière sur le Nil. Cependant, cette première croisière n'était pas allée jusqu'au temple d'Abou Simbel. Et je dois dire que j'ai été sidéré de le découvrir à l'occasion de ce second voyage ! Celui-ci est, bien sûr, consacré à Ramsès II. Si vous n'avez jamais voyagé au pays des pharaons, il faut savoir qu'il reste davantage de statues de Ramsès II que de tout autre pharaon. Il fut l’un des plus puissants dirigeants égyptiens de l'Antiquité. Des historiens ont même reconnu en lui le pharaon évoqué dans l’Exode de la Bible, qui décrit la fuite des Israélites hors d’Égypte. Il aurait régné 66 ans à partir de 1279 av. J.-C. et aurait eu plus de cent enfants lorsqu’il mourut en 1213 av. J.-C. Il fit en outre bâtir, agrandir et embellir de nombreux temples. Le temple qu'il fit construire pour le dieu solaire, sculpté à flanc de montagne à Abou Simbel, est notamment célèbre pour ses quatre sculptures colossales représentant le pharaon avec sa couronne, assis sur son trône, de minuscules membres de sa famille à ses pieds. Taillées dans la roche afin de dominer la façade et hautes de plus de 20 m, les sculptures ont été qualifiées d'immenses « égos de pierre » et étaient destinées à exprimer la puissance surhumaine du pharaon pour impressionner les tribus locales (le temple était originellement en Nubie). Au-dessus de la façade, on peut voir des babouins saluer le soleil. À l’intérieur, l’édifice abrite des statues du pharaon et des peintures montrant ses victoires militaires. Mais le temple a selon moi pris un sens encore plus fort depuis qu'il a été « déménagé » à notre époque. En effet, lorsque le haut barrage d’Assouan fut construit au début des années 1960, une campagne internationale lancée par I’UNESCO permit de réunir des fonds pour déplacer les temples d’Abou Simbel à une plus haute altitude afin qu’ils ne soient pas inondés par les eaux du lac Nasser. Le temple qu'on visite aujourd'hui est donc tout autant un témoignage du génie antique que du génie actuel. Car lorsqu'on aperçoit ce temple à nouveau sculpté à flanc de montagne, on ne peut qu'être sidéré par la technologie qui a présidé au déplacement de telles colonnes, de telles statues, pour être ensuite « réinséré » pièce après pièce au flanc d'une autre falaise ! Si vous visitez un jour l'Egypte, pensez donc à choisir une croisière qui pousse jusqu'à ce temple fabuleux. L'Egypte compte son lot de trésors, mais aucun, à mon sens, aussi impressionnant que celui-là. Je vous mets le lien vers l'agence qui a organisé ce voyage de groupe au fil du Nil, pour ceux que ça intéresse. Davantage d'information sur cette expérience de voyage groupe en surfant sur le site web de l'organisateur.

Posté par ebizard à 13:58 - Permalien [#]


30 juillet 2018

L’organisation administrative française ne favorise pas l’affirmation de marques fortes

Les marques aujourd’hui les plus visibles n’émanent généralement pas des ministères en tant que tels mais, la plupart du temps, de structures dotées d’une forte autonomie de gestion et, à ce titre, directement intéressées par la valorisation de leur marque (agences, services à compétence nationale, établissements publics…). C’est cette autonomie, en permettant de mettre un nom sur une compétence technique préexistante et reconnue, qui renforce véritablement l’incitation des structures concernées à améliorer leur image et à la valoriser. Elle leur permet d’une part d’être visible et non plus prisonnière du nom général du ministère, à l’image de l’Agence France Trésor. Elle leur permet d’autre part d’obtenir une récompense directe en cas de développement de la notoriété de leur marque, soit parce que des savoir-faire sont valorisés commercialement, par exemple lorsque l’Insee vend des données réputées de qualité ou Météo France des produits de prévision et d’observation, soit parce qu’elles peuvent, grâce à leur réputation, attirer des collaborateurs de talents (recrutement de cadres à fort potentiel issus du secteur privé à l’AFT, au Conseil de la concurrence ou à l’AFD par exemple). La création de marques publiques fonctionne, dans ce cas, exactement de la même manière que dans le secteur privé : là où une entreprise crée une filiale spécifique pour renforcer la notoriété d’une compétence, l’État crée une structure dotée d’une forte autonomie de gestion, dont le nom sera déposé puis valorisé. Dans les deux cas, la marque ne peut s’improviser, c’est-à-dire être créée sans qu’un savoir-faire ait été reconnu. Ces structures administratives autonomes demeurent cependant peu nombreuses dans l’organisation administrative actuelle. Lorsqu’elle est mise en place, cette autonomie peut par ailleurs demeurer partielle. L’absence de marques éducatives fortes traduit à cet égard l’insuffisante incitation des universités à valoriser leur marque, à partir du moment où le produit de cette valorisation n’aboutit pas, dans le système actuel, à accroître le niveau de leurs financements (primauté des financements publics, grille de tarifs des formations continues encadrée par l’État, place très faible des droits d’inscription dans les budgets…). Si certaines universités d’État américaines sont aujourd’hui connues du monde entier (Berkeley, UCLA), c’est précisément parce que l’organisation de leur financement repose largement sur leur capacité à valoriser leur nom : la protection de leur image (sélectivité des recrutements d’enseignants, vigilance sur la qualité des contenus pédagogiques, constitution de réseaux d’anciens élèves puissants) leur permet d’attirer les meilleurs étudiants et les enseignants et chercheurs les plus réputés, ce qui accroît leurs financements (droits d’inscription, vente de produits dérivés et de savoir-faire).

Posté par ebizard à 14:16 - Permalien [#]

22 mai 2018

Se faire secouer en avion de chasse

Et pour le coup, ma pulpe a été bien agitée, la semaine dernière ! Car, jeudi dernier, j'ai expérimenté le vol en avion de chasse. Avec accrobaties à la clef ! L'expérience me tentait depuis pas mal d'années. Mais, avec la crise, le manque de temps, le besoin de subvenir au quotidien, et autres obstacles dont nous faisons chaque jour l'expérience, cette envie était toujours remise à plus tard. Et puis, il y a deux mois, j'ai décidé qu'il y en avait assez de toujours reporter à plus tard. La vie n'attend pas, même si on a tendance à la remettre sans cesse à plus tard. Alors, voilà comment la semaine dernière, j'ai finalement cédé à la tentation. L'expérience s'est déroulée du côté de Rennes. Je me suis présenté à 10h, un peu en vrac. J'avais eu un peu de mal à trouver le sommeil la veille au soir en pensant à ce qui m'attendait. Parce que oui, on peut vouloir très fort quelque chose et se retrouver la veille à vouloir annuler, terrifié parce qu'on s'apprête à vivre. La vie n'attend pas, mais elle fait un peu peur, avec toutes cet inconnu ! :) Bref, après un briefing où l'on m'a présenté les caractéristiques de l'appareil, j'ai finalement enfilé mon uniforme de pilote avant de rallier la piste. C'est là que le Fouga patientait. Rien de moins que l'ancien appareil de la Patrouille de France. L'avion revenait justement d'un vol. En rejoignant l'appareil, j'ai donc croisé en chemin le client précédent, qui m'a semblé un peu pâle. Je lui ai demandé comment ça s'était passé et il m'a annoncé qu'il avait fait un black-out pendant un bref moment. Rien de tel pour me rassurer ! C'est donc « légèrement » angoissé (ok, vous pouvez enlever les guillemets :p) que j'ai pris place dans l'appareil et me suis attaché à mon siège. Après tout un tas de contrôles d'usage, on a finalement quitté le plancher des vaches. Sur les deux premières parties du vol (découverte puis à basse altitude), rien à dire : elles sont plutôt tranquilles. Un peu trop, peut-être. L'occasion de faire le plein d'images et de s'habituer progressivement aux sensations. Mais cela serait un peu court (surtout au niveau du prix, qui est tout de même conséquent) si l'on en restait là. Mais baste, tout ça n'était qu'un hors-d'oeuvre avant la partie la plus intéressante ! Quelques minutes plus tard, le pilote m'a informé que nous allions entamer les acrobaties. Et là, en dépit de tout ce à quoi je m'étais préparé, en dépit de tout ce que j'avais pu lire sur internet : je me suis pris une claque ! On a pourtant commencé doucement, en apparence. Un virage à gauche, puis un autre à droite. Ca ne paraît rien, décrit comme ça, mais ça ne décrit pas les G qu'on se prend soudain en pleine face, la sensation du corps qui se retrouve plaqué contre le siège par la vitesse. Le corps cesse de vous appartenir en propre pour devenir une boule de pâte à modeler aux bons soins d'une main géante invisible ! Et tout ce que vous pouvez faire, c'est contracter au maximum vos abdos et vos cuisses pour éviter le voile noir ! On a directement enchaîné par une succession de breaks. Violent. La vitesse m'a une fois encore plaqué à mon siège, et j'ai dû serrer les dents tellement je me contractais. Puis les figures se sont enchaînées : passage sur le dos, boucles, breaks, et même looping ! Le pilote était décidé à tout me faire découvrir, apparemment. Durant les courts instants de détente entre les manoeuvres, j'essayais vainement de retrouver mes repères, mais tout allait beaucoup trop vite. Il est où le cucul, elle est où la têtête ? Et où le cieciel, et où le sosol ? Impossible à dire ! Le pilote me demandait à intervalles réguliers si j'étais encore là, et je répondais en riant. Parce que même si les figures allaient toujours plus loin, même si je dégoulinais, même si j'avais mal aux abdos à force de les contracter, je me sentais parfaitement à l'aise. J'étais essoufflé, mon cœur battait à toute vitesse, mais je n'avais pas peur. C'est définitivement l'une des meilleures expériences de ma vie. Retrouvez toutes les infos sur ce de baptême en avion de chasse Fouga Magister en suivant le lien.

Posté par ebizard à 15:59 - Permalien [#]

15 mai 2018

Applications de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé et impacts sur le travail

Il existe de nombreux d’outils IA sur le marché de la santé et l’étendue de leurs applications actuelles dans le domaine du diagnostic médical est importante. On les retrouve dans les spécialités médicales telles que l’oncologie – qui couvre l’ensemble des spécialités médicales, d’études, de diagnostic et de traitement des cancers –, la cardiologie, l’ophtalmologie, la radiologie, la détection de maladies spécifiques (diabète, Alzheimer, etc.) ou la santé mentale (détection de la dépression ou autres troubles psychologiques). Quel que soit le domaine, le principe est toujours le même : les algorithmes alimentés et entraînés par des données massives (reconnaissance d’images médicales, résultats en recherche médicale, etc.) sont programmés pour détecter des pathologies selon des protocoles prédéfinis par le monde médical. L’outil emblématique est le logiciel informatique Watson du groupe industriel IBM, introduit dès 2005 sur le marché de la santé. Watson a été utilisé notamment au Memorial Sloan Kettering Cancer Centre, un institut américain spécialisé en recherche médicale et en traitement du cancer, pour l’aide au diagnostic et à la proposition thérapeutique. Ce type de logiciel présenté comme un outil « intelligent » d’aide à la décision médicale synthétise une masse d’informations provenant de millions de rapports médicaux, de dossiers patients, de tests cliniques et de connaissances issues de la recherche médicale. Certains logiciels pourraient bientôt diagnostiquer un cancer aussi bien, voire mieux, que les spécialistes. Selon une étude récente, l’intelligence artificielle a été capable d’une détection automatisée du cancer du sein avec un taux de réussite de 92 %, presque équivalent à celui des spécialistes (96 %). Lorsque sont combinées les analyses du médecin et les méthodes de diagnostic issues du logiciel automatisé, le taux de réussite s’élève à 99,5 %, avec un risque d’erreur fortement diminué.

Posté par ebizard à 16:26 - Permalien [#]

21 mars 2018

L'art du vin

Pour certains, le vin est une simple boisson qui permet de détendre l'atmosphère dans une soirée ; pour d'autres, c'est une substance qui permet d'atteindre l'état éthylique ; et pour d'autres encore, c'est une chose sacrée que l'on déguste avec lenteur, et dont on peut discuter des heures durant. Et depuis peu, je suis passé de la première à la troisième catégorie de personnes. En effet, le week-end dernier, je me suis rendu à Rouen pour y suivre un cours d'oenologie ! Et bien que je ne sois pas devenu un parfait oenologue durant cet atelier, je suis quand même devenu intarissable sur le sujet ! Une excellente découverte qui m'a bien séduit ! Merci à ma femme pour cette découverte, donc. Car c'est elle, encore elle, que je dois remercier pour cette expérience. Si mon épouse ne m'avait pas offert cette expérience, je me serais en effet abstenu. Et à tort, de toute évidence. Curieusement, je croyais que les ateliers comme ceux-là étaient réservés à une élite un peu pompeuse. Force m'est de reconnaître ma propre bêtise, cependant : dans la salle, les autres participants étaient très agréables et souhaitaient avant tout passer un agréable moment. La dégustation s'est révélée cordiale tout du long, et nous avons même pas mal ri à certains moments ! Mon épouse me presse souvent de faire des choses, et je dois dire que je rechigne souvent. Mais force est de constater que c'est elle qui a raison. C'est même ahurissant, la multitude d'expériences que j'ai pu effectuer grâce à son pouvoir de persuasion, et ce en dépit de mes doutes ! Tenez, c'est comme cela que je me suis mis au rafting : un sport qu'il me tarde maintenant de refaire chaque fois que reviennent les beaux jours ! C'est peut-être ce qui fait toute la beauté du couple, en définitive : on ne se résume pas à soi-même. L'on est davantage et bien plus riche à deux que tout seul. Si vous rêvez vous aussi de vous initier à l'art du vin, jetez donc un oeil à ce cours d'oenologie. L'oenologue qui animait le cours a vraiment fait en sorte que tout le monde se sente à l'aise d'entrée de jeu. Pour plus d'informations, allez sur le site de ce de cours d'oenologie à Rouen et trouvez toutes les informations.

Posté par ebizard à 11:48 - Permalien [#]


20 mars 2018

L’évolution de la masse salariale de l’Etat de 2006 à 2018

Selon le rapport de 2017 sur la fonction publique, les dépenses de personnel de l’Etat imputées sur le « budget général », hors contributions au financement des pensions, se sont élevées à 82,7 Md€ en 2016. Les variations annuelles de ces dépenses résultent parfois pour partie du transfert de compétences et d’agents entre l’Etat et d’autres administrations publiques. En particulier, de nombreux agents ont été transférés par l’Etat aux collectivités territoriales à la fin de la dernière décennie dans le cadre de « l’acte II » de la décentralisation, ce qui a contribué à réduire sensiblement sa masse salariale. Il est donc nécessaire de présenter l’évolution des dépenses de personnel à périmètre constant, mais le ministère du budget ne publie jamais de séries longues de dépenses budgétaires à périmètre constant, ce qui est très regrettable. Les rapports de la Cour des comptes, par exemple son rapport de juin 2017 sur la situation et les perspectives des finances publiques, permettent cependant de reconstituer des variations annuelles de la masse salariale au périmètre de l’année précédente. De 2006 à 2016, la masse salariale de l’Etat a augmenté en valeur de 0,7 % en moyenne annuelle à périmètre constant, mais cette moyenne masque des évolutions très différentes selon les périodes. Les années 2007 à 2012 ont été marquées par d’importantes mesures (non remplacement de la moitié des départs en retraite, gel du point d’indice…) visant à stabiliser la masse salariale en valeur. Son taux de croissance annuel est de fait passé de 1,4 % en 2007 à 0,1 % en 2012. En 2013, l’impact décalé de la baisse des effectifs de 2012, le maintien du gel du point d’indice et la diminution des mesures catégorielles ont conduit à une baisse de 0,2 %. La croissance des dépenses de personnel a ensuite repris, modérément en 2014-2015 (0,6 % par an) puis vivement en 2016 (1,6 %). La loi de finances initiale (LFI) pour 2017 prévoit une croissance exceptionnellement forte de 4,0 % (soit 3,2 Md€) par rapport à la LFI pour 2016. Elle résulte notamment d’un montant inédit de mesures catégorielles (1,25 Md€ dont environ la moitié au titre du protocole relatif à la réforme des grilles salariales), de la hausse des effectifs (0,6 Md€) et de la revalorisation du point de la fonction publique (0,6 Md€). Le projet de loi de finances pour 2018 prévoit une croissance de 2,4 % (soit 2,0 Md€) par rapport à la LFI pour 2017. L’examen des « projets annuels de performance » montre qu’il retient des mesures catégorielles pour un montant d’environ 0,65 Md€, dont 0,4 Md€ au titre du protocole sur la réforme des grilles salariales. Or, entre le dépôt du projet de loi de finances et le vote de la loi de finances initiale, le Gouvernement a décidé de reporter d’un an la mise en œuvre de ce protocole et de compenser la perte de pouvoir d’achat des fonctionnaires résultant de la hausse de 1,7 point de la CSG. Cette compensation prend la forme de la suppression d’une cotisation salariale dite de solidarité de 1,0 % et du versement d’une indemnité compensatrice équivalente à 0,7 % du traitement brut. Cette dernière mesure accroît la masse salariale de l’Etat d’environ 0,4 Md€, soit à peu près le montant de l’économie résultant du report de la réforme des grilles. Les dispositions prises après le dépôt du projet de loi de finances ne semblent donc pas avoir modifié la prévision de masse salariale pour 2018.

Posté par ebizard à 09:35 - Permalien [#]

29 janvier 2018

Quand l'égalité devient source de problème

Liberté, égalité, fraternité, certes. Mais à force de prôner l'égalité, on en vient à faire pire que mieux, et à tirer l'ensemble de la société vers le bas. Tel est mon point de vue depuis des années. Vous devinerez donc que j'ai été plutôt accablé lorsque, pendant un colloque à Parme la semaine dernière, un collègue m'a soutenu qu'il fallait imposer encore plus les riches en France. Comme s'ils ne l'étaient pas déjà suffisamment ! Son propos m'a, disons-le tout net, paru particulièrement réducteur. Si j'en crois mon expérience, les impôts comme les aides sociales contribuent à appauvrir la vitalité au travail. Ce constat s'applique tant à celui qui paye des impôts qu’à celui qui profite d'aides sociales. Pourquoi ? Parce qu'une volonté exagérée d’égalité finit par perturber la capacité de croissance de la société. C'est qu'une trop grande répartition des richesses entraîne fatalement moins de richesse. Rien que le fait de sortir son couteau pour indiquer qu'on s'apprête à diviser le gâteau suffit à le faire rétrécir ! Et l'individu qui prêche l'imposition à tout va contribue à faire détaler celui qui le nourrit. Car les habitants les plus innovants et entreprenants, à force d'être systématiquement taxés, sont en effet dissuadés de collaborer à la richesse totale. Et les citoyens les moins productifs, qui sont systématiquement subventionnés, sont tout autant incités à ne pas concourir à cette richesse. Le choix est en fait simple : soit on optre pour davantage de prospérité, en mettant la pédale douce sur le désir de redistribution, soit on opte pour l'égalité à tout va, quitte à saper irrévocablement la base de cette richesse. Ces quelques réflexions ne sont pas pour autant une manière de prendre la défense de l'inégalité. Une disparité trop grande n’est évidemment pas souhaitable : dans une société où l'inégalité est souveraine, la différence qui sépare les riches des plus modestes ne permet plus de garantir la cohésion sociale, ce qui entraîne des conséquences dramatiques. Mais je reste persuadé qu'une exigence débridée d’égalité sape dangereusement la croissance économique. Il y a donc tout intérêt à ne pas tomber dans l'un ou l'autre extrême. Mais s'il y a bien une chose que j'ai pu remarquer lors de ce colloque à Parme, c'est que ce type de querelles ne laisse pas les gens impassible ! En fait, elle favorise justement les extrêmes et les positions très tranchées ! Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de ce séminaire à Parme. Suivez le lien.

Posté par ebizard à 14:37 - Permalien [#]
Tags : ,

19 janvier 2018

Les ordinateurs ne comprennent pas

Voici quelques semaines, je me suis rendu à l’Imperial War Museum de Londres pour assister à une démonstration : un programme d'intelligence artificielle devait tenter de décrypter "Enigma", le système de cryptage follement complexe utilisé par les Allemands durant la Seconde guerre mondiale. Il l’a fait, en 12 minutes et 50 secondes. Le programme, qui s’était entraîné en ingérant des textes tirés des Contes de fées de Grimm, a dévoré les milliards de permutations générées par la machine Enigma à quatre rotors en filtrant les combinaisons de lettres en fonction de leur “germanitude”. Le challenge qui avait absorbé les plus brillants cerveaux mathématiques de Grande-Bretagne pendant de long mois à Bletchley Park, à des coûts exorbitants, a été résolu par un programme d’intelligence artificielle pour seulement 10 livres. Ce programme d'intelligence artificielle, créé par la société d’analyses de données Enigma Pattern et propulsé par 2 000 serveurs virtuels, a examiné un chiffre stupéfiant de 41 millions de combinaisons possibles par seconde. “Ce programme, propulsé par 2 000 serveurs virtuels, a examiné un chiffre stupéfiant de 41 millions de combinaisons possibles

Posté par ebizard à 11:09 - Permalien [#]

13 décembre 2017

Mon parfum est unique

Et pour cause : c'est moi qui l'ai conçu. Je ne suis pas parfumeur, mais il y a quelques jours, je me suis improvisé tel, en créant mon propre parfum au cours d'un atelier de parfum à Grasse. Cette activité pour le moins curieuse m'avait été offerte par ma chère et tendre, et je ne savais pas trop à quoi m'attendre avant de m'y rendre. Mais une fois sur place, je me suis amusé comme un fou ! Au début, on a un peu l'impression d'être dans un petit labo scientifique, mais qui aurait une note de féminité en sus. Chaque apprenti-parfumeur est assigné à un orgue à trois niveaux où trônent plus de 120 flacons d'essences diverses : ça en fait, des possibilités de mélange ! A côté de ça, trônent sur la table deux béchers, des mouillettes, des seringues et du papier pour rédiger la formule : les instruments de travail. Après une première partie consacrée à la théorie, on concocte le parfum dans l’ordre de la pyramide olfactive, qui est constituée de trois notes. En premier : la note de fond, la plus puissante, et qui est la base du parfum : elle est conçue avec des essences tenaces (bois, résine, musc... ) et elle peut rester jusqu'à plusieurs jours. En second : la note de cœur, qui définit l'identité de la fragrance : elle dure de 2 à 10 h. Et pour finir : la note de tête, celle que l’on sent en premier dans le parfum, mais qui dure le moins longtemps (elle disparaît 2 heures après l'application). Même si on est libre de choisir la direction dans laquelle on veut aller avec sa réalisation, on est appuyé tout du long par le maître-parfumeur, qui nous indique les mariages ratés. Car ce n'est pas parce qu'on mélange deux senteurs qu'on aime bien qu'on obtient une association réussie ! En fait, il est important de ne pas trop intellectualiser. Il faut faire confiance à son instinct, à son nez. Il faut mettre son intellect sur off, sous peine de rapidement se retrouver égaré. Cet atelier de parfum m'a vraiment intéressé, parce qu'il permet de renouer avec un sens qu'on a trop souvent tendance à dédaigner. Et le fait d'obtenir un parfum unique est plus que sympathique ! Pour en savoir plus, je vous recommande la lecture du blog sur cette session pour créer son parfum à Grasse qui est très bien fait sur le sujet.

Posté par ebizard à 16:50 - Permalien [#]

11 décembre 2017

L'avenir de l'Union bancaire

Après le retrait britannique de l'UE, l'Union bancaire sera plus que jamais le pivot du marché intérieur européen, ce qui plaide pour une simplification institutionnelle de l'architecture bancaire européenne autour de son noyau dur. L'Union bancaire a réussi son lancement opérationnel, trois ans après la mise en place de la supervision unique. La construction par étapes – constitution d'une autorité bancaire européenne en 2010 pour le marché intérieur, intégration de la supervision unique en 2013 avec une nouvelle autorité, le MSU, adossée à la BCE, constitution d'une autorité unique de résolution en 2014 – conduit toutefois à une répartition des responsabilités porteuse d'un risque de fragmentation, qui peut nuire à la cohérence d'ensemble de l'action de supervision au sens large des activités bancaires, aux côtés des responsabilités propres de la Commission européenne (notamment la préparation de la législation et le contrôle des aides d'État). La consolidation du cadre institutionnel de l'Union bancaire constituera donc une priorité des prochaines années, l'ancrage opérationnel des nouvelles autorités étant maintenant achevé. Le contexte est favorable à cette simplification institutionnelle. À la suite du retrait effectif du Royaume-Uni, l'Union bancaire représentera plus de 90 % des actifs bancaires de l'Union européenne (à 27 États membres), constituant le noyau dur du marché intérieur. L'Union bancaire est aujourd'hui limitée à la zone euro mais les autres États membres du marché intérieur peuvent y participer, dans le cadre d'une procédure complexe de coopération étroite. Il pourrait être envisagé de simplifier les modalités d'accès des autres États membres à l'Union bancaire pour renforcer l'intégration du marché intérieur. L'Union bancaire retrouverait alors sa vocation initiale, cohérente avec les objectifs énoncés dans le rapport Larosière, de favoriser le bon fonctionnement du marché unique des services financiers, avec son pendant l'Union des marché des capitaux. Cette vocation qui a pu, parfois, être reléguée au profit d'un autre objectif, propre à la zone euro, de rupture de la boucle souverainbancaire et de renforcement de la résilience de la zone aux chocs asymétriques, mérite d'être réaffirmée dans le contexte particulier créé par le Brexit. L'Union économique et monétaire repose aujourd'hui sur deux cercles : un noyau dur constitué de la zone euro, avec une politique monétaire unique, et le cercle élargi avec le système européen de banques centrales, réunissant les banques centrales de tous les États membres autour de la BCE. La simplification de l'architecture bancaire européenne pourrait s'inspirer de cette organisation. La bonne articulation de la supervision unique avec l'Autorité bancaire européenne et la cohérence entre la supervision et la résolution uniques soulèvent également des enjeux de lisibilité et d'efficacité de l'organisation d'ensemble de la supervision au sens large des activités bancaires et constitueront donc des priorités pour le Conseil de l'Union européenne au cours des prochaines années.

Posté par ebizard à 16:26 - Permalien [#]