Et pour le coup, ma pulpe a été bien agitée, la semaine dernière ! Car, jeudi dernier, j'ai expérimenté le vol en avion de chasse. Avec accrobaties à la clef ! L'expérience me tentait depuis pas mal d'années. Mais, avec la crise, le manque de temps, le besoin de subvenir au quotidien, et autres obstacles dont nous faisons chaque jour l'expérience, cette envie était toujours remise à plus tard. Et puis, il y a deux mois, j'ai décidé qu'il y en avait assez de toujours reporter à plus tard. La vie n'attend pas, même si on a tendance à la remettre sans cesse à plus tard. Alors, voilà comment la semaine dernière, j'ai finalement cédé à la tentation. L'expérience s'est déroulée du côté de Rennes. Je me suis présenté à 10h, un peu en vrac. J'avais eu un peu de mal à trouver le sommeil la veille au soir en pensant à ce qui m'attendait. Parce que oui, on peut vouloir très fort quelque chose et se retrouver la veille à vouloir annuler, terrifié parce qu'on s'apprête à vivre. La vie n'attend pas, mais elle fait un peu peur, avec toutes cet inconnu ! :) Bref, après un briefing où l'on m'a présenté les caractéristiques de l'appareil, j'ai finalement enfilé mon uniforme de pilote avant de rallier la piste. C'est là que le Fouga patientait. Rien de moins que l'ancien appareil de la Patrouille de France. L'avion revenait justement d'un vol. En rejoignant l'appareil, j'ai donc croisé en chemin le client précédent, qui m'a semblé un peu pâle. Je lui ai demandé comment ça s'était passé et il m'a annoncé qu'il avait fait un black-out pendant un bref moment. Rien de tel pour me rassurer ! C'est donc « légèrement » angoissé (ok, vous pouvez enlever les guillemets :p) que j'ai pris place dans l'appareil et me suis attaché à mon siège. Après tout un tas de contrôles d'usage, on a finalement quitté le plancher des vaches. Sur les deux premières parties du vol (découverte puis à basse altitude), rien à dire : elles sont plutôt tranquilles. Un peu trop, peut-être. L'occasion de faire le plein d'images et de s'habituer progressivement aux sensations. Mais cela serait un peu court (surtout au niveau du prix, qui est tout de même conséquent) si l'on en restait là. Mais baste, tout ça n'était qu'un hors-d'oeuvre avant la partie la plus intéressante ! Quelques minutes plus tard, le pilote m'a informé que nous allions entamer les acrobaties. Et là, en dépit de tout ce à quoi je m'étais préparé, en dépit de tout ce que j'avais pu lire sur internet : je me suis pris une claque ! On a pourtant commencé doucement, en apparence. Un virage à gauche, puis un autre à droite. Ca ne paraît rien, décrit comme ça, mais ça ne décrit pas les G qu'on se prend soudain en pleine face, la sensation du corps qui se retrouve plaqué contre le siège par la vitesse. Le corps cesse de vous appartenir en propre pour devenir une boule de pâte à modeler aux bons soins d'une main géante invisible ! Et tout ce que vous pouvez faire, c'est contracter au maximum vos abdos et vos cuisses pour éviter le voile noir ! On a directement enchaîné par une succession de breaks. Violent. La vitesse m'a une fois encore plaqué à mon siège, et j'ai dû serrer les dents tellement je me contractais. Puis les figures se sont enchaînées : passage sur le dos, boucles, breaks, et même looping ! Le pilote était décidé à tout me faire découvrir, apparemment. Durant les courts instants de détente entre les manoeuvres, j'essayais vainement de retrouver mes repères, mais tout allait beaucoup trop vite. Il est où le cucul, elle est où la têtête ? Et où le cieciel, et où le sosol ? Impossible à dire ! Le pilote me demandait à intervalles réguliers si j'étais encore là, et je répondais en riant. Parce que même si les figures allaient toujours plus loin, même si je dégoulinais, même si j'avais mal aux abdos à force de les contracter, je me sentais parfaitement à l'aise. J'étais essoufflé, mon cœur battait à toute vitesse, mais je n'avais pas peur. C'est définitivement l'une des meilleures expériences de ma vie. Retrouvez toutes les infos sur ce de baptême en avion de chasse Fouga Magister en suivant le lien.