Liberté, égalité, fraternité, certes. Mais à force de prôner l'égalité, on en vient à faire pire que mieux, et à tirer l'ensemble de la société vers le bas. Tel est mon point de vue depuis des années. Vous devinerez donc que j'ai été plutôt accablé lorsque, pendant un colloque à Parme la semaine dernière, un collègue m'a soutenu qu'il fallait imposer encore plus les riches en France. Comme s'ils ne l'étaient pas déjà suffisamment ! Son propos m'a, disons-le tout net, paru particulièrement réducteur. Si j'en crois mon expérience, les impôts comme les aides sociales contribuent à appauvrir la vitalité au travail. Ce constat s'applique tant à celui qui paye des impôts qu’à celui qui profite d'aides sociales. Pourquoi ? Parce qu'une volonté exagérée d’égalité finit par perturber la capacité de croissance de la société. C'est qu'une trop grande répartition des richesses entraîne fatalement moins de richesse. Rien que le fait de sortir son couteau pour indiquer qu'on s'apprête à diviser le gâteau suffit à le faire rétrécir ! Et l'individu qui prêche l'imposition à tout va contribue à faire détaler celui qui le nourrit. Car les habitants les plus innovants et entreprenants, à force d'être systématiquement taxés, sont en effet dissuadés de collaborer à la richesse totale. Et les citoyens les moins productifs, qui sont systématiquement subventionnés, sont tout autant incités à ne pas concourir à cette richesse. Le choix est en fait simple : soit on optre pour davantage de prospérité, en mettant la pédale douce sur le désir de redistribution, soit on opte pour l'égalité à tout va, quitte à saper irrévocablement la base de cette richesse. Ces quelques réflexions ne sont pas pour autant une manière de prendre la défense de l'inégalité. Une disparité trop grande n’est évidemment pas souhaitable : dans une société où l'inégalité est souveraine, la différence qui sépare les riches des plus modestes ne permet plus de garantir la cohésion sociale, ce qui entraîne des conséquences dramatiques. Mais je reste persuadé qu'une exigence débridée d’égalité sape dangereusement la croissance économique. Il y a donc tout intérêt à ne pas tomber dans l'un ou l'autre extrême. Mais s'il y a bien une chose que j'ai pu remarquer lors de ce colloque à Parme, c'est que ce type de querelles ne laisse pas les gens impassible ! En fait, elle favorise justement les extrêmes et les positions très tranchées ! Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de ce séminaire à Parme. Suivez le lien.